Permabot : un robot au service de l’agriculture biologique
L’innovation est au cœur de la HE2B avec permabot, le robot qui chasse les mauvaises herbes.
Et si la robotique pouvait soutenir une agriculture plus écologique plutôt qu’encourager l’industrialisation des cultures ?
C’est le pari du projet belge PermaBot, développé par Mohamed Hadjili, docteur en sciences appliquées, et Grégory Baltus, docteur en physique, à la Haute Ecole Bruxelles-Brabant (HE2B), en collaboration avec la Haute Ecole Louvain en Hainaut (HELHA) et le Centre de recherche HELB, à Bruxelles.
L’objectif : développer un bras robotisé autonome pour réduire la pénibilité du travail agricole, faire gagner du temps et améliorer la rentabilité des petites exploitations en permaculture et en agriculture biologique.
Développement d’un bras robotisé
Le constat de départ est simple. Les petites fermes bio et les maraîchers en permaculture peinent souvent à atteindre une rentabilité suffisante. Le désherbage manuel reste une activité particulièrement chronophage, physiquement exigeante et difficile à automatiser dans des cultures très diversifiées. Contrairement aux grandes monocultures, les parcelles de permaculture mélangent de nombreuses espèces végétales sur de petites surfaces. Les robots agricoles actuels, pensés pour des exploitations standardisées, sont donc peu adaptés à cette réalité.
« Le désherbage est probablement le travail le plus contraignant en permaculture », explique au Daily Science Grégory Baltus.
Le projet Permabot entend répondre à ce défi en mêlant l’intelligence artificielle à la robotique de précision, les sciences sociales et développement durable.
Le futur prototype de bras robotisé devra être capable de reconnaître les mauvaises herbes, se déplacer avec précision entre les cultures et reproduire certains gestes réalisés aujourd’hui manuellement par les maraîchers bio, sans abimer les cultures voisines. L’objectif n’est pas de remplacer complètement l’humain, mais de réduire la pénibilité du travail et d’améliorer la viabilité économique des petites exploitations.
Répondre aux enjeux de transition
Autre particularité du projet : sa volonté d’adapter la technologie aux pratiques agricoles existantes, et non l’inverse.
« Dans l’agriculture conventionnelle, les cultures sont souvent adaptées aux contraintes des machines. Ici, nous voulons concevoir un outil capable de s’adapter à la diversité des pratiques de terrain », expliquent les porteurs du projet.
Les premiers tests devraient être réalisés en laboratoire avant des expérimentations sur de véritables parcelles agricoles en Wallonie. À terme, PermaBot pourrait contribuer au développement d’une agriculture plus locale, moins dépendante des intrants chimiques et davantage respectueuse des sols.
À travers cette recherche, les équipes souhaitent démontrer qu’innovation technologique et transition écologique peuvent avancer main dans la main.
Pour en appendre davantage sur ce projet, découvrez le podcast de Daily Science enregistré avec les Drs Hadjili et Baltus lors de la dernière « Journée des Chercheurs » portée par le réseau SynHERA, de promotion de la recherche en Hautes Ecoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.